Selon le ministère de l’écologie, 3,4 millions de ménages français seraient en situation de précarité énergétique, à savoir qu’ils consacrent plus de 10 % de leurs ressources financières à leurs factures énergétiques. D’après le rapport sur la précarité énergétique de 2009, 87% de ces ménages sont logés dans le parc privé et 62% d'entre eux sont propriétaires du logement qu'ils occupent.
Face à cette situation qui ne cesse de s’aggraver, le gouvernement a mis en place hier mardi un Observatoire de la précarité énergétique. Cet Observatoire, composé d’acteurs de la solidarité, de l’énergie et du logement (1), a pour mission de mesurer l’évolution du phénomène et d’assurer le suivi des aides financières publiques et privées apportées aux ménages précaires.
Pour la Confédération de la Consommation, du Logement et du Cadre de Vie (CLCV), les consommateurs « n’ont pas besoin d’un énième observatoire mesurant des phénomènes de précarité, mais de moyens concrets pour les prévenir ». Par un communiqué de presse, la CLCV a réitéré sa proposition de création « d’un global de solvabilisation des ménages, qui s’appliquerait à l’ensemble des services essentiels (eau, électricité, gaz, ADSL…). Ce dispositif unique se substituerait à l’ensemble des tarifs sociaux existants, ce qui simplifierait les choses et pourrait être moins onéreux à financer. ». Il est vrai qu’une simplification ne serait pas un luxe, car selon Eric Besson, le ministre en charge de l’énergie, sur les 800 000 ménages éligibles au tarif social, seuls 300 000 en bénéficient réellement, du fait de la complexité du système.
En parallèle de l’annonce de la création de l’Observatoire, le ministère de l’énergie a annoncé une augmentation de 5% des tarifs du gaz au 1er avril prochain. Avec un baril de pétrole qui progresse à plus de 100 dollars et une hausse de 5 % du tarif de l’électricité en juillet prochain, nul doute que ce nouvel Observatoire ne va pas chômer.
Comme lot de consolation, Eric Besson a tout de même annoncé la mise en place « avec GDF SUEZ d’une prime à la casse des chaudières ancienne ». Cette prime pourra aller jusqu’à 250 euros par foyer. De même, une augmentation de 20% du rabais social est prévue. Selon le ministre : « Pour un foyer de 4 personnes qui se chauffe au gaz, la réduction annuelle passera ainsi de 118 euros à 142 euros, soit un rabais supplémentaire de 24 euros. »
Michel Sage *source atelier 27
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